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Artiste Peintre

Flaure est une artiste peintre française née à Rouen en 1936. Elle se rattache à l’Ecole de Paris dont elle est l’un des derniers fleurons par sa formation, par son milieu artistique, par ses thématiques et son engagement au profit de la figuration, enfin par sa technique picturale qui, à ses débuts, rappelle Utrillo, Oguiss et Verdier, et son inspiration en grande partie parisienne.

Elle s’y rattache également par le Salon de Paris, qu’elle organisa avec Denis Huysman, en 1980 et 1982 à la chapelle de la Sorbonne, dans lequel elle rassembla de nombreux artistes figuratifs de cette mouvance (Jansem, Carzou, Buffet, Brayer, Commère, Chapelain-Midy, Boitel, Verdier, Adnet… etc).

Sa formation et sa carrière

Sa famille, contrainte de se réfugier pendant la guerre à Bézier, puis à Ceilhes, pour fuir les persécutions antisémites, s’installa à Paris à la Libération. Après ses études secondaires, Flaure a étudié le dessin et la peinture à l’Académie Julian pendant deux ans, puis entra à l’Ecole Paul Colin, le grand maître de l’affiche qui lui resta très lié jusqu’à sa mort. Ce n’est pourtant pas dans l’affiche, mais dans la peinture qu’elle trouva sa voie et à laquelle elle s’adonna rapidement. Elle obtint très jeune un certain succès, puisqu’elle remporte en 1965 le prix du Salon des femmes peintres, en 1966 le prix Mouffetard (jury comprenant Laprade, Chapelain-Midy, Belloni), en 1974 celui du salon populiste, et bien d’autres prix, mentions et médailles (voir la liste de ses prix ci-dessous). La ville de Paris lui achète deux œuvres (Place Furstenberg, Les clochards de Saint-Séverin), mais aussi les communes de Juvisy dans l’Essonne (Sous la pluie) et de Saint-Cyprien dans les Pyrénées Orientales. Elle est vite remarquée par le critique d’art Guy Dornand qui lui obtint un séjour à la fondation François Desnoyer à Saint Cyprien, où elle rencontra notamment Menguy et Montané, et organisa une exposition de six jeunes peintres à la galerie Henquez à Paris, où elle fut conviée à exposer une dizaine de ses œuvres. Elle ne cesse ensuite d’exposer à Paris (galerie Weil en 1978), et en province, mais aussi en Côte d’Ivoire où le président Houphouët-Boigny compte parmi ses clients, au Canada, en Grande Bretagne et dans d’autres pays.

Son œuvre et ses périodes

Les courants qui, à partir de la fin des années 60, s’imposèrent pendant quatre décennies, au point d’éclipser tous les peintres de l’Ecole de Paris, particulièrement les peintres figuratifs, mettaient l’accent sur la choséité de la peinture (minimalisme), sur les jeux visuels (Vasarelly) ou sur la réflexion philosophico-littéraire (art conceptuel) et se sont peu à peu écartés de la peinture en tant que telle. Au contraire, Flaure est restée fidèle au genre pictural et à la figuration, même si certaines de ses dernières œuvres rejoignent dans une certaine mesure l’abstraction. Comme beaucoup de peintres de l’Ecole de Paris, elle cherche sa voie, non dans l’expression de la modernité, mais dans sa propre singularité, qu’elle soumet à un renouvellement perpétuel. Flaure est avant tout un peintre de la sensibilité, mais d’une sensibilité qui ne se veut pas non plus pure spontanéité. En effet, cette sensibilité s’exprime chez elle grâce à la maîtrise d’un métier et par une relation avec le monde réel.

Tandis que d’assez nombreux peintres s’en tiennent à un style particulier qu’ils ont cultivé pendant toute leur vie, Flaure est animée par un souci permanent de renouvellement. Elle a donc développé plusieurs styles, très différenciés, correspondant à des périodes très distinctes. La ligne générale est la suivante. Tandis que les toiles les plus anciennes, en noir et blanc, expriment une forme de poésie réaliste inquiète, les œuvres les plus récentes, très colorées, sont au contraire habitées par une joie interrogative dans un univers souvent onirique.

Sa première période comporte des natures mortes, des paysages et surtout des vues de Paris. La couleur apparaît peu à peu au sein de ces paysages parisiens. Au début des années 70, elle réalisa une série de nus dont les poses inhabituelles, qui évoquent la danse moderne et la gymnastique, offrent une vision particulière, presque virile, d’un corps qui garde pourtant toute sa féminité. Son intérêt se porte ensuite vers la lumière.

Elle produisit alors toute une série de peintures saisissant les jeux complexes des reflets sur la Loire et la Vienne (années 70), mais aussi, des soirées parisiennes (début des années 80), à l’ambiance rétro, avec des étincellements lumineux sur des fonds sombres. Flaure eut ensuite, dans les années 80-90, sa période bleue. De grands personnages interrogent le spectateur depuis un univers qui est souvent maritime. L’onirisme est alors très subtil. Il s’introduit dans les toiles par le jeu de compositions légèrement étranges, avec des déséquilibres qui donnent parfois une sensation de vertige. Le jeu sur les proportions, peu visible dans les reproductions, change la relation au sujet, avec des fleurs à la carnation féminine mesurant plus d’un mètre de haut (The Queen 130 x 89 cm). Elle se lança ensuite dans des peintures sur carton, dont elle utilisait les ondulations, avec une Passion du Christ, peinte sur la musique de Bach, et dans laquelle elle renoue à la fois avec la sculpture romane dont elle reprend les tournoiements de l’étoffe, et une forme d’expressionnisme qui, chez elle cohabite toujours avec les formes les plus classiques. Elle s’engagea ensuite dans des œuvres plus nettement oniriques, utilisant des matériaux de plus en plus divers (toile, mais aussi cartons, grillages, la pierre etc) et, à la fin des années 1990, dans des sujets inspirés de l’Egypte pharaonique. Elle a présenté en 2008 à la galerie Art présent toute une série de tangos sur des paysages parisiens. Après avoir illustré un conte nommé La fleur et le papillon, elle travaille actuellement à une série de toiles représentant le cosmos. Dans ce dernier thème, le sujet peu reconnaissable la conduit aux confins de l’abstraction.

Sa manière

La manière de Flaure présente tant de faces que la synthèse est difficile à faire. Si les thèmes qui l’ont inspirée sont très variables, Paris et les paysages de Touraine ont constitué tout au long de sa carrière une source d’inspiration dans laquelle elle n’a cessé de puiser. La beauté de la femme est également très présente, que ce soit par la plastique de son corps qu’elle n’hésite pas à tordre ou par l’élégance de ses poses et de sa tenue. La relation entre les personnages et le paysage qui les contient change selon les périodes. Tantôt les personnages, reprenant certaines des valeurs chromatiques du fond, se fondent dans l’univers minéral de la ville ou dans leur environnement végétal et participent ainsi au grand chant des couleurs, tantôt le personnage est défini par une ligne au contour ferme et développe une plastique classique, idéalisée, dans un environnement qui contient souvent une étrangeté secrète.

Elle entretient parfois avec les œuvres du passé un dialogue pictural : avec les peintres du XVIIIe s. qui ont tant travaillé les clairs obscurs, avec, nous l’avons vu, l’art roman dont elle reprend les rythmes dans ses sujets religieux, avec l’art égyptien, autant de dialogues engagés pour nourrir son goût particulier pour l’émerveillement.

Une des particularités notables de l’œuvre de Flaure est le nombre de tableaux dont au moins un personnage, souvent celui du centre, contemple le spectateur de face. Ainsi, les personnages de son grand Carnaval de Venise ne se regardent pas, ne se parlent pas, mais interpellent le spectateur, comme pour l’inviter à la fête. Les baigneuses de Le Bain posent pour lui, et leur élégante sensualité, qui se transmet à toute l’architecture, n’a pas d’autre témoin. L’artiste introduit par ce procédé une relation particulière entre l’œuvre et le spectateur, comme un appel à entrer dans son univers. Les œuvres prennent ainsi une présence étonnante, parfois troublante, presque inquiétante, jusque dans les sujets les plus joyeux.

Le travail de Flaure est aussi une recherche continuelle sur la matière picturale. Les premières œuvres étaient travaillées au couteau, une technique qui tend à organiser la couleur en verticales et en horizontales tout en créant des effets de relief. Ce n’est plus le cas, dans les années 70, lorsque le pinceau devint le maître d’œuvre. Les surfaces devinrent plus lisses, mais la palette s’élargit alors considérablement. A la fin des années 80, la recherche porta sur l’aspect de cette surface, qui prit, peu à peu, une texture satinée très particulière, due aux ingrédients utilisés. A partir des années 2000, elle chercha à donner plus d’éclat à la couleur. Son Cobra royal doit plus à la joaillerie qu’à la zoologie et à l’art égyptien. Son attention passa ensuite de l’éclat au reflet. Des brillances joyeuses pénètrent peu à peu la matière. Dans sa dernière série qui porte sur le cosmos, le plan de la peinture s’est dédoublé. Sur la toile peinte, elle a disposé une vitre qui est également peinte. Couleurs, brillances, rythmes, effets de reliefs sont pris alors dans un jeu de transparence qui crée une troisième dimension dans la matière même de l’œuvre et qui, dès lors que le spectateur se déplace, devient mobile : une recherche proche de l’abstraction, mais toujours en relation avec la réalité du monde.

Expositions

1958
Paris
> Galerie Charpentier.

1964
Paris
> Galerie des Arts.
Paris > Galerie Henquez (99, rue de Renne), avec A. Kuhn, F. Latrace, Pierre Fournel…

1965
Paris
> Galerie Lauriston.
Cherbourg > Galerie du Casino.

1966
Montréal
> Galerie de l’Art Français.
Paris > Galerie des Arts.

1967
Londres
> Whitehall Gallery.
Utrecht > De Kuyl Centrum.

1971
Meudon > Centre Culturel (présidence Michel Debré premier ministre).

1972
Paris > le Cabaret « la Belle Epoque » : les NUS.

1973
Abidjan > Galerie de l’’Hôtel Ivoire.
Paris > Galerie André Weil (avenue Matignon).
Paris > Musée d’Art Moderne (10 tableaux).

1977
Touraine > Château d’Artigny.
Saint Paul de Vence > Galerie Mas d’Artigny.
Cannes > Galerie du Drap d’Or.

1979
Genève > Galerie Diffusion.
Pérouges > Maison des Artistes.
Paris > Galerie C.J. Beaubourg.

1982
Paris > Galerie de l’Ile des Arts.

1984
Paris > Galerie de l’Ile des Arts

1991
Paris > Musée du Luxembourg – Palais du Sénat – Rétrospective Flaure – 50 tableaux.
Catalogue préfacé par Jean Favier, membre de l’Institut et par Marc Restellini, aujourd’hui directeur de la Pinacothèque de Paris.

1992
Paris > Grand Palais : Triptyque Venise (200x700cm) pour Musicorama.
Monte Carlo > Sélection pour Prix International Art Contemporain.
New York RCA > Pochette CD « Carnaval de Venise ».

1994
Château du Grand Pressigny

1995
Cournon

1996
Paris 16
> Expo au Salon d’Honneur présenté par Mr P.C. Taittinger.
Tours > « Prieuré Saint-Cosme » organisé par le Conseil Général.

1998
Chinon > Musée et Vitrines des Magasins ( 22 tableaux ) sous le thème : « La Passion selon Saint Jean de Jean-Sébastien Bach ».

2000
Loudun > Espace Sainte Croix : 60 tableaux « l’Egypte en l’an +/- 2000 ».

2001
Tours > Décor complet d’une piscine intérieure sur le thème « VENISE ».

2003
Zonta International > Calendrier 2003 avec 60 tableaux.

2005
Seuilly (Indre et Loire)

2006
Villeneuve d’Ascq > Galerie Da Silva.
Tours > Palais du Vinci : 32 tableaux « expressions d’amour ».
Paris > Hôtel Ritz.

2007
Londres > Waldorf Palace.
Nohant > Art et Culture « George Sand à Nohant » 40 pierres peintes.

2008
Paris > Galerie Art Présent.

2011
Avoine > « Médiathèque » « Fleurs et Papillons ».

2012
Touraine > Invitée d’honneur Art et Poésie de Touraine.

Novembre 2013
Loire > Château de Montsoreau Maine et Loire.

Mai 2017
Paris > Cercle des Armées St Augustin.

Juin 2017
Paris > Galerie Artitude.

Novembre 2017
Bordeaux > Galerie MLS.

Janvier 2018
Bordeaux > Espace Mably « D’un pont à l’autre ».
Vidéo « D’ un pont à l’autre » par Jean Marc Luce visible sur YouTube.
Paris > Exposition Musée du Luxembourg.

Avril 2018
Sables d’Olonne > Galerie Blanche.

Mai 2018
Paris > Galerie Artitude.

5 juin 2018
Bordeaux, Saint Médard, Bruxelles et Tours > Exposition Les Hublots.

Œuvres lithographiques

>  Janvier 2018, aux éditions Les Dossiers d’Aquitaine, Flaure, peintre du figuratif, de l’ École de Paris. Christian Masse.

>  La place Furtemberg lithographie originale sur pierre 60 ex.

>  Le Mont des Alberts lithographie originale 60 ex.

>  Les Ponts de Paris lithographie originale 95 ex.

>  « nu debout » lithographie originale sur pierre 50 ex.

>  « nu couché » lithographie originale sur pierre 95 ex.

>  La Loire lithographie originale 160 ex.

>  « guitariste » lithographie originale 50 ex.

>  Discographie : pochette de disque BMG « Carnaval de Venise » avec Guy Touvron.

>  Disque « MARTIN DE TOURAINE » avec Fabienne Thibault.

Biographie Flaure par Christian Massé

Mentions et Prix attribués

1958
>  Mention Terre et Cosmos (dessin) – Galerie Charpentier (Paris).

1965
>  Mention honorable aux Artistes français.
>  Prix des jeunes (Maire d’Ivry S/Seine).
>  Prix des Jeunes – Salon des Femmes Peintres.
>  Prix Charlier – Salon de Boulogne.
>  Médaille de bronze. Salon des arts de Taverny.

1966
>  Prix du syndicat d’initiative de Cherbourg.

1966
>  1er prix du comité Mouffetard (Paris).

1974
>  Prix Populiste.

1975
>  Prix du portrait (Meudon)
>  Salon international de Paris sud.

1976
>  Médaille d’or – 2e salon international de Chinon.
>  Prix Lefranc-Bourgeois (Paris, Cirque d’hiver).

2000
>  Prix du Jury de l’Ecole de la Loire (Blois).

2002
>  Prix du Jury de l’Ecole de la Loire (Blois).

2005
>  Prix du Lions club (Marne la Vallée).

2006
>  Prix du Lions club (Bourge).
>  Prix du Château de Beauregard.

2011
>  1er prix Art et poésie de Touraine.

2016
>  Médaille d’argent Sciences et Lettres de Paris.

 
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